RACISME ANTIBLANC : LE FILTRAGE INDECENT DES VICTIMES DU RACISME

vendredi 16 novembre 2012
par  mrap40
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DEFENDRE LA LOI DE 1972 CONTRE LA "RACIALISATION" DU COMBAT ANTIRACISTE

Nos lecteurs trouverons ci-dessous notre commentaire à propos d’un article paru sur le journal Le Monde le 14 novembre et signé de Messieurs Stéphane Beaud et Gérard Noirie. Les auteurs de l’article opèrent un tri au faciès entre les victimes d’actes racistes. Voici la réponse de militants de terrain que nous sommes.

L’article de messieurs S.Beaud et G.Noiriel est disponible ici : http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/11/14/racisme-anti-blanc-non-a-une-imposture_1790315_3232.html

Rappel de la loi dont nous fêtons cette année les 40 ans :

Art. 1. Ceux qui, soit par des discours, cris ou menaces proférés dans des lieux publics, soit par des écrits, dessins ou tout autre support de l’écrit, de la parole ou de l’image vendus ou distribués auront provoqué à la discrimination, la haine, la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de 2 000 à 300 000 Francs ou de l’une de ces deux peines.

Selon le texte de Messieurs Stéphane Beaud et Gérard Noiriel les "discours" "cris" et menaces" qui provoquent à la haine raciale prévus par la loi, ne concerneraient donc que les seuls « blancs ». La loi elle-même serait ainsi « raciale » , c’est là une lecture très particulière du travail du législateur.

Voilà donc 40 ans que les organisations antiracistes se tromperaient en pensant que le loi s’adressait à tous, (d’où la plainte justifiée de la LICRA si les faits sont avérés ).

La « racialisation » du combat antiraciste par des intellectuels distanciés du travail au quotidien de nos permanences mérite donc les précisions suivantes.

La fédération des Landes, saisie d’une victime qui reçoit l’injure "sale blanc" en public, à fortiori si cette injure est accompagnée de violences physiques, la victime recevra alors l’appui de notre fédération. Il serait indigne du combat antiraciste de lui fermer notre porte au motif de sa couleur de peau blanche.
Si cette victime souhaitait aller en justice, nous serions alors partie civile à ses côtés comme pour n’importe quelle victime de propos identiques ! Nous ferions exactement comme la LICRA.

Quitte à nous faire traiter d’imposteurs par Messieurs Stéphane Beaud et Gérard Noiriel, (ce qui serait un honneur émanant de gens qui trient les victimes du racisme !), quand nous allons dans les établissements scolaires et quand un élève nous demande, "si un blanc est victime de racisme, le défendez-vous ?" .... NOUS REPONDONS OUI !

Nous apprenons ici que Messieurs Stéphane Beaud et Gérard Noiriel répondraient non ! où est donc l’imposture antiraciste ?

Nous expliquons dans ces établissements et dans tous nos lieux d’intervention que la loi doit s’appliquer à tous et non pas au faciès.

Nous affirmons aussitôt car nous sommes des pédagogues de l’antiracisme, qu’il y a à côté des actes racistes, (injures ou violences verbales et physiques, que le MRAP dans son congrès a appelé "avatars", qui peuvent concerner tout groupe humain), un racisme systémique : les discriminations raciales, qui frappent toujours les mêmes qui ne sont pas les blancs, dans l’accès au travail, aux loisirs, au logement.
C’est à cet effet que la fédération a fait condamner des pratiques discriminatoires à plusieurs reprises.

Le MRAP comprendrait que les chefs d’établissements refusent leurs portes à ceux qui défendent auprès des jeunes une conception anti-pédagogique et racialisée de la lutte contre le racisme filtrant les victimes selon leur couleur de peau.

Selon la logique de Messieurs Stéphane Beaud et Gérard Noiriel la loi de 1972 qui permet la plainte de la LICRA ou celle de la Fédération des Landes dans des circonstances similaires, devrait être abrogée et reformulée selon le critère de la couleur de peau de qui profère des cris ou menaces incitant à la haine raciale.

En l’Etat le tribunal devrait donc punir d’un emprisonnement « d’un mois à un an et d’une amende de 2 000 à 300 000 Francs ou de l’une de ces deux peines » le blanc coupable de ces cris ou menaces et relaxer le non-blanc. La loi actuelle s’appliquant à tous serait donc une imposture .

Une question subsidiaire pourrait être posée à Messieurs Messieurs Stéphane Beaud et Gérard Noiriel : et si l’insulte raciste s’accompagne d’un coup mortel .. ils appellent cela comment ? une rixe après boire !

Messieurs Stéphane Beaud et Gérard Noiriel se livrent en outre à un tour de passe-passe assez indigne en assimilant de facto la LICRA, le MRAP et Pierre Mairat co-président du MRAP au FN et à Drumont , (pourquoi pas aux SA et SS puisque l’antiracisme distancié de la pratique permet toutes les outrances).

IL serait trop simple de renvoyer le boomerang à ces éminents "intellectuels" en leur disant qu’ils procèdent ,en faisant ainsi le tri racial des actes racistes, de la même logique que l’extrême-droite qui reconnaît seulement les actes commis contre des blancs et ignore les victimes non-blanches,

Nous n’avons pas à la prétention d’être des intellectuels éminents mais de simples acteurs de terrain, pour autant nous ne procédons pas à de telles réductions et caricatures ad-hitlerum. Nous invitons donc Messieurs Béaud et Noiriel à renouer avec des analyses auparavant plus pertinentes.

Pour notre part nous continuons à lutter contre tous les racisme sans filtrage racial des victimes ou de leurs agresseurs comme procèdent Messieurs Stéphane Beaud et Gérard Noiriel.



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