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Frantz Fanon
jeudi 6 décembre

Je n’ai pas le droit, moi homme de couleur, de souhaiter la cristallisation chez le Blanc d’une culpabilité envers le passé de ma race. Je n’ai ni le droit ni le devoir d’exiger réparation pour mes ancêtres domestiqués. Il n’y a pas de mission nègre ; il n’y a pas de fardeau blanc. Vais-je demander à l’homme blanc d’aujourd’hui d’être responsable des négriers du XVIIe siècle ?

Je ne suis pas esclave de l’esclavage qui déshumanisa mes pères. Je ne suis pas venu sur terre pour faire le bilan des valeurs nègres. Je ne suis pas venu sur terre pour faire payer au monde blanc, par mon ressentiment, le malheur fait à mes pères. Mon unique prière : ô mon coeur, fais de moi toujours un coeur qui interroge !" Frantz Fanon, conclusion de "Peau noire masques blancs".

 
A PROPOS DE L’EX SOUS-PREFET BRUNO GUIGUE
mercredi 26 mars 2008
par mraplandes
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Des membres du MRAP en désaccord avec la position de la direction nationale

Les deux communiqués contradictoires

1 ) Bruno Guigue : déclaration de membres du MRAP

Dans un communiqué paru le 25/03/08, la direction nationale du MRAP apporte son soutien à Bruno Guigue sous-préfet révoqué qui est présenté comme une victime du « devoir de dénoncer ».

Les soussignés très préoccupés par le sort des sans-papiers dont les dossiers sont traités par les préfectures, n’ont aucune remarque à formuler concernant le limogeage du sous-préfet Bruno Guigue.

Par contre, les comités concernés s’indignent du silence du MRAP concernant le contenu des textes que Bruno Guigue a publié sur le site de l’islam politique Oumma.

Pour mémoire, dans plusieurs de ses textes, Bruno Guigue procède à une nazification de l’Etat d’Israël « seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles » et dont « frappante est la ressemblance entre le Reich qui s’assied sur la SDN en 1933 et l’Etat hébreu qui bafoue le droit international depuis 1967 » (1)

Bruno Guigue qualifie aussi Israël « d’entité sioniste (2) ou « d’artefact colonial » (1) manipulant ainsi sans prudence la sémantique des secteurs radicaux qui nient le droit à l’existence d’Israël présenté comme un corps étranger ou articifiel au proche-orient.

Il ajoute d’ailleurs dans un autre texte « pourquoi Israël est-il le seul Etat dont l’existence, justement, pose problème ? »

A propos d’une question d’Ahmadinejad « Admettons que cet événement (le génocide) soit avéré, doit-il logiquement se traduire par l’instauration de l’Etat d’Israël au Moyen-Orient ? Bruno Guigue répond « faut-il la bannir de nos cerveaux sous prétexte que la réponse est dérangeante pour l’Occident « Le problème, non relevé par Bruno Guigue, est que la question du président iranien commençait par le conditionnel concernant le génocide !.

On notera aussi que dans les textes de Bruno Guigue, la nazification d’Israël s’accompagne d’une singulière atténuation de la portée antisémite de la conférence sur l’holocauste de Téhéran « la conférence visait moins la réalité historique de la Shoah que son usage symbolique au profit d’Israël. » (3)

Les écrits de Bruno Guigue, par leurs outrances, desservent le combat pour la paix au proche-orient. Ses parrallèles irresponsables entre Israël et le III Reich légitiment indirectement certains discours se revendiquant de gauche et antisémites.

Très éloignés de l’orientation de Bruno Guigue qui ne s’inscrit pas dans une lutte résolue pour « deux peuples - deux états », les soussignés se désolidarisent donc d’un communiqué national du MRAP très éloigné de l’amitié entre les peuples.

Signatures Nadia Kurys présidente comité Aubenas Horiya Mekrelouf présidente de Marseille France Combet Présidente du Comité de Largentière Gérard Kerforn président de la fédération des Landes Anne Savigneux (comité de bourgoin jallieu ) René Meyer Président du comité de Toulouse Danielle Poupardin (comité d’Ivry) Alain Marschallik (comité de Strasbourg) Maya Vigier (Paris) Arlette Tapiau Dangla Présidente du comité de Mont de Marsan

(1)http://oumma.com/Quand-le-lobby-pro-israelien-se (2)http://oumma.com/Omerta-sur-la-bombe-israelienne (3) http://oumma.com/La-conference-de-Teheran-et-les

(2) communiqué du MRAP national

Bruno Guigue : le devoir de dénoncer sanctionné.

Bruno Guigue, haut fonctionnaire de la République, spécialiste du Moyen Orient, vient d’être limogé de son poste de sous-préfet par sa ministre de tutelle, Madame Michèle Alliot-Marie.

Il lui est reproché d’avoir publié le 13 mars 2008, une analyse intitulée « Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU », en réaction à une tribune d’intellectuels inconditionnels d’Israël visant à déconsidérer l’ONU et à condamner des résolutions du Conseil des Droits de l’Homme, alors même que la « communauté internationale » réunie au sein des Nations Unies assume une responsabilité majeure pour sauver le processus de paix au Proche-Orient.

Le MRAP qui jouit, depuis 1974, du statut consultatif auprès du Conseil Economique et Social de l’ONU et participe, à ce titre, aux structures de consultation des ONG, condamne le limogeage de M. Guigue qui suscite sa totale incompréhension. En effet, Bruno Guigue a déjà publié plus d’une quinzaine de tribunes sans qu’une quelconque sanction ne vienne le frapper.

Si nombre d’opposants à la politique menée par les gouvernements israéliens successifs ont eu à souffrir de campagnes de dénigrement systématique - dont l’odieux le plus extrême va jusqu’à les accuser d’antisémitisme pour mieux les disqualifier - aujourd’hui avec le limogeage de monsieur Guigue, sous-préfet de la République, mais qui en l’occurrence s’est exprimé en tant que citoyen, c’est la République elle-même qui connaît une dérive regrettable et dangereuse.

En mettant en oeuvre, à l’encontre d’un de ses représentants, accusé de ne pas avoir respecté le devoir de réserve, une véritable manoeuvre d’intimidation, le pouvoir en place démontre une nouvelle fois que la critique de la politique d’Israël relève d’un tabou qu’il est toujours dangereux de transgresser. Et c’est bien là également la preuve d’un changement profond et inquiétant de la politique française au Moyen-Orient.

Si chacun a encore le loisir démocratique dans notre pays de critiquer n’importe quel Etat dans ses politiques, y compris la France, il existerait une exception inadmissible à cette règle concernant le droit de critiquer la politique israélienne.

Le MRAP condamne le limogeage de Monsieur Guigue et demande sa réintégration immédiate sans ses fonctions de sous-préfet. Il en va de l’honneur d’un homme de courage et de conviction qui ose dire des vérités qui dérangent. Mais il en va aussi de celui de la République.

Paris, le 25 mars 2008

 

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