Je n’ai pas le droit, moi homme de couleur, de souhaiter la cristallisation chez le Blanc d’une culpabilité envers le passé de ma race. Je n’ai ni le droit ni le devoir d’exiger réparation pour mes ancêtres domestiqués. Il n’y a pas de mission nègre ; il n’y a pas de fardeau blanc. Vais-je demander à l’homme blanc d’aujourd’hui d’être responsable des négriers du XVIIe siècle ?
Je ne suis pas esclave de l’esclavage qui déshumanisa mes pères. Je ne suis pas venu sur terre pour faire le bilan des valeurs nègres. Je ne suis pas venu sur terre pour faire payer au monde blanc, par mon ressentiment, le malheur fait à mes pères. Mon unique prière : ô mon coeur, fais de moi toujours un coeur qui interroge !" Frantz Fanon, conclusion de "Peau noire masques blancs".
Les deux images ci-dessus sont issues, l’une de la mouvance d’extrême-droite "les identitaires", l’autre des "indigènes de la république," durant l’une de leurs manifestations.
Les identitaires organisent des soupes populaires "gauloises" à base de porc, de façon à exclure les SDF musulmans.
Les indigènes défilent avec le slogan "non à l’intégration par le jambon" (ce qui ne sera pas sans problèmes pour les "indigènes" amateurs de porc laqué, comme quoi leur concept d’indigénat est très communautaire).
Ces deux images traduisent une convergence entre ces deux extrémismes.
Les uns ne veulent pas intégrer les SDF musulmans à la leurs soupes populaires en présentant du porc au menu.
Les autres ne veulent pas s’intégrer par le porc.
La non-intégration par le porc semble donc être un thème commun à ces deux mouvances radicales.
Ils ont une réussite commune, l’intégration dans la bétise !